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En création

Dialogues de Bêtes
Histoires de Toby-Chien et Kiki-la-Doucette

de Colette

Adaptation théâtrale et mise en scène Laetitia Richard

​Avec Marie-Hélène Aubert, Rémi Goutalier, Régis Romele et Laetitia Richard

Spectacle familial à partir de 6 ans - Durée 1h05

Coproduction Les Envies Folles et La Compagnie du Saut de l'Ange

Le projet est né en 2019 sous forme de lecture théâtralisée lors du Festival Paroles à Sceaux

2019 photo Dialogues de bêtes lecture festival Paroles 2.jpg

Kiki-la-Doucette et "Lui", Jardin Marguerite-Renaudin, Sceaux

Toby-Chien, naïf et tendre, et Kiki-la-Doucette, chat malicieux et fier, vivent avec Elle et Lui, ces « seigneurs de moindre importance ». Les animaux partagent ainsi leurs observations savoureuses sur leurs maîtres, tour à tour intrigués, agacés, ou amusés par les petites manies de ces  Deux-Pattes. Ils ne manquent pas de se chamailler et de se taquiner sur leurs propres petites manies respectives.

Leurs observations acerbes, leurs disputes, les bêtises qu'ils commettent et pour lesquelles ils se font gentiment réprimander, donnent lieu à des situations cocasses qui rendent ce texte, pourtant écrit dans une prose très littéraire et poétique, propice à une adaptation théâtrale.

Chacun porte sur l'autre un regard malicieux et moqueur, mais non sans tendresse : les animaux sur leurs maîtres, les maîtres sur leurs animaux, le chien sur le chat et inversement.

Les "Dialogues" ont commencé à paraître en 1904 en revue, le recueil complet date de 1930.

Un siècle plus tard, le texte conserve toute sa modernité de ton, d'humour, sa sensualité mutine, et les thèmes abordés (la nature, l’amitié, la différence, le jeu, la jalousie, la gourmandise, l’humour...), promettent de régaler un public de tout âge et particulièrement le jeune public.

Agenda de création

  • octobre et novembre 2025 : accueil en résidence salle Joséphine Baker, Foyer International des Etudiantes à Paris 5è

  • 25 novembre 2025 : 1ère sortie de résidence.
    Présentation d'une toute première étape de travail devant 2 classes d'école élémentaire.

Extrait : Le Voyage

Kiki, Toby, Elle et Lui partent en voyage dans une drôle de "voiture sans cochers"... Alors que Toby est émerveillé par la nouveauté, le train et le paysage qui défile, Kiki, elle, est extrèmement contrariée d'avoir été enfermée dans son panier depuis le départ.

Lui — Cette bête a faim.


Elle — Tu crois ? Moi aussi. Mais Toby mangera très peu.

 

Lui — Et Kiki-la-Doucette ?

 

Elle — Kiki-la-Doucette boude. Elle s’est cachée ce matin. Elle mangera encore moins.

 

Lui — Elle ne dit rien. Tu ne crains pas qu’elle soit malade ?

 

Elle — Non, mais vexée.

 

Kiki-la-Doucette — Mouân !

 

Lui — Venez, ma belle Kiki, ma séquestrée, venez, vous aurez du roastbeef froid et du blanc de poulet.

 

Kiki-la-Doucette sort de son panier...

 

Toby-Chien — Ah ! te voilà, Chat ! Eh bien, salue la liberté !

 

Kiki, sans répondre, lisse de la langue quelques soies rebroussées.

 

Toby-Chien — Salue la liberté, je te dis. C’est l’usage. Chaque fois qu’on ouvre une porte, on doit courir, sauter, se tordre en demi-cercle et crier.

 

Kiki-la-Doucette — On ? qui, on ?

 

Toby-Chien — Nous, les Chiens.

 

Kiki — Faudra-t-il aussi que j’aboie? Nous n’avons jamais eu le même code des convenances, que je sache.

 

Toby-Chien — Je n’insiste pas. Comment trouves-tu cette voiture ?

 

Kiki — Affreuse. Cependant le drap est assez bon pour faire ses ongles.

 

Elle joint le geste à la parole et carde le capitonnage.

 

Toby-Chien — Si je faisais ça, moi...

 

Kiki — Han ! Han ! que ce spongieux drap gris étanche ma rage !... Depuis ce matin l’univers se révolte monstrueusement, et Lui, Lui que j’aime, et qui me vénère, ne m’a pas défendue. J’ai subi des contacts humiliants, des cahots, et plus d’un coup de sifflet a traversé ma cervelle d’une oreille à l’autre... Han ! il est doux de détendre ses nerfs et d’imaginer qu’on effiloche d’une griffe allègre la chair ennemie, fibreuse et saignante...

 

Elle — Dis donc, Kiki, c’est fini ?

 

Lui — Laisse-la. Elle fait z’ongles.

 

Kiki — Il a parlé pour moi. Je lui pardonne. Mais puisqu’on me permet, je n’aime plus déchirer le coussin...
 

Le train s’arrête, un employé sur le quai : « Aaa, oua... aouaoua, oaa... »

 

Toby-Chien — On crie ! Il y a encore un malheur ! Courons !...

 

Kiki — Mon Dieu, que ce chien est fatigant ! Qu’est-ce que ça peut lui faire, qu’il y ait un malheur ? D’ailleurs, je n’en crois rien. Ce sont des cris d’homme, et les hommes crient pour le seul plaisir d’entendre leur voix...

 

Toby-Chien — J’ai faim. Va-t-on manger, ô Toi de qui j’espère tout ? Dans cet étrange pays, je ne sais plus l’heure, mais il me semble bien...

 

Elle — Venez tous déjeuner.

(...)

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